Accord stratégique entre OVHcloud et Google Cloud, vu de la France et des USA

L’accord inattendu, Google Cloud sur OVHcloud

OVHcloud a créé la surprise en annonçant un accord stratégique avec Google Cloud. C’est en effet le premier de ce type en Europe. L’accord associe les infrastructures d’OVHcloud, considérées comme une offre de confiance, à la solution open source de cloud hybride Anthos de Google Cloud.

Les premiers datacenters français de Google ne sont pas attendus avant 2022. Le géant s’adapte donc aux particularités de confidentialité et de souveraineté imposées et recherchées en Europe avec un partenaire qui garantit le traitement et le stockage des données sur le sol français et européen.

Anthos, le service de cloud hybride de Google, permet de déployer et de gérer les workloads Kubernetes en environnement on-premise et cloud. OVHcloud accède à la stack Anthos, dont les API compatibles avec Kubernetes, complétée de services managés opérés par les équipes d’OVHcloud. Ce dernier s’est engagé à ce qu’aucune donnée ni métadonnée ne soit partagée avec Google Cloud. L’ensemble repose sur des technologies open source, ce qui est en ligne avec les pratiques d’OVH.

L’accord Google Cloud et OVHcloud vu des US

L’accord entre Google Cloud et OVHcloud est passé presque inaperçu dans la presse américaine. Il est présenté comme la revente par OVH des logiciels et services cloud de Google. Les plus attentifs auront noté dans cet accord unique en Europe une réponse apportée par le géant américain à ses rivaux Amazon AWS et Microsoft Azure, largement présents sur nos territoires. Une réponse en forme de services Google de cloud hybride sur un hébergeur cloud local.

Il est également présenté comme “une réponse à une situation juridique changeante sur la confidentialité des données qui a laissé les entreprises et les gouvernements européens incertains sur les risques liés au stockage de leurs informations internes et clients sur des serveurs américains“, dixit Data Center Knowledge. Une rhétorique élégante pour évoquer la défiance des entreprises européennes vis à vis du Privacy Shield, dénoncé par l’Union européenne en juillet dernier, et du CLOUD Act.

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