En marche vers les coupures de l’hiver… Black out or not Black out, that is the question ?

Dans la presse, on appelle ça un marronnier, un sujet d’article ou de dossier qui se répète tous les ans, à la même période. Et généralement sans rien apporter de nouveau, mais là je suis peut-être un peu méchant. Ainsi avons nous droit régulièrement au classement des hôpitaux, à celui des universités, au marché de l’immobilier, aux salons du vin, ou encore au beaujolais nouveau. Pour le beaujolais, cette année, c’est un peu raté… Et en marronnier désormais classique à l’entrée de l’hiver, aux menaces des coupures de courant.

Tribune d’Yves Grandmontagne, rédacteur en chef de Datacenter Magazine, et nos remerciements à José Guignard, Chef d’Agence Marché d’Affaires Ile de France à GRDF, qui a attiré notre attention sur ce phénomène, nous a inspiré le sous-titre ‘Black out or not Black out, that is the question ?

A l’origine de cette information, il y a cette année nouveau Xavier Piechaczyk, président du directoire de RTE (Réseau de transport d’électricité), qui pour l’hiver 2020/2021 anticipe « (un) mois de décembre plus serein que prévu, un mois de janvier normalement tendu en cette période statistiquement la plus froide de l’année, et un mois de février difficile », et qui réclame une « extrême vigilance ». « Il y a en particulier un risque accru au mois de février par rapport aux années précédentes ». Voilà, c’est dit.

La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, indique également que des mini-coupures d’électricité pourraient être envisagées cet hiver en cas de grosse vague de froid en France. “Des risques de coupures d’électricité ‘très courtes’ en cas de vague de froid cet hiver selon Barbara Pompili“, publie France Bleu. On vous aura avertis.

Nous ne résistons pas au plaisir de vous partager “Electricité : le Covid va t-il nous couper le courant ?” publié par Sud Ouest, qui rappelle qu’en cas d’hiver rigoureux, des coupures d’électricité sont à craindre… à cause du Covid-19, qui cette année a pris la place des Gilets Jaunes. La pandémie de Covid-19 aurait bousculé le planning de maintenance des réacteurs nucléaires au printemps dernier. Sud Ouest appelle également à un ‘vaccin’ (dont l’efficacité reste cependant à démontrer – NDLR) : la consommation responsable.

José Guignard attire notre attention

Il attire notre attention sur les risques de coupure électrique. Les gestionnaires de datacenters y sont certainement sensibles, mais les anticiper ne fera de mal à personne, surtout à leurs clients. Mais ce qui a principalement attiré intérêt, c’est une étude E-CUBE Strategy Consultants et l’Institut d’économie de l’énergie de l’Université de Cologne (EWI) sur les risques de coupure d’électricité en Europe du Nord-Ouest à l’horizon 2030, publiée en septembre dernier.

Voici ce que nous dit l’annonce de l’étude : “Dans le cadre de la décarbonation de son économie, l’Europe s’est engagée dans une électrification massive des usages énergétiques (chauffage, transport). Combinée au remplacement rapide d’actifs de production thermique pilotables par de la production renouvelable intermittente, celle-ci pourrait affaiblir la capacité du système électrique européen à faire face à des vagues de froid extrêmes“. Et de pointer en particulier la France et la Belgique.

L’étude montre que “en 2030, en situation de vague de froid similaire à celles qu’a connues l’Europe en 1985, 1997 et 2012, un déficit de capacité de 35 à 70 GW pourrait conduire à des coupures d’électricité pendant 100 à 250 heures. Ces coupures affecteraient principalement les clients industriels mais aussi potentiellement les clients particuliers, avec un coût induit pour la collectivité estimé à 30 milliards d’euros.”

Nous sommes en accord, l’étude mérite de nous le rappeler. Côté solutions, elle met en avant la contribution des pompes à chaleur (PAC) dans les zones résidentielles, avec une gestion du mix du parc de chauffage via une minimisation du nombre de résistances électriques et une incitation au déploiement de PAC hybrides. Et côté offre, le développement d’actifs de production pilotables, probablement des turbines à gaz et à biométhane.

Voilà ce qui a fait réagir José Guignard : “Rendez vous compte, ils parlent d’utiliser le biométhane sur un parc centralisé de production d’électricité, il est préférable d’utiliser le biométhane sur des solutions décentralisées gaz qui offrent de meilleurs énergétiques !” Nous lui avons demandé pourquoi ?

Utiliser de l’électricité d’une centrale nucléaire ou thermique (gaz, fioul, charbon) revient à 33% de rendement, car la chaleur va aux petits oiseaux ! Nous appelons cela un système centralisé (macro) de production car il est de très grosse taille à l’échelle d’une région/d’un pays.

Utiliser l’électricité produite par une trigénération revient à 90 % de rendement car la chaleur est valorisée en étant transformée en froid ! Nous appelons cela un système de production décentralisé (micro) de production car il répond au d’un site comme un datacenter.

C’est ce qui justifie le coefficient sur énergie primaire ci-dessous :

Merci José Guignard pour cette mise au point.

Si vous aussi souhaitez réagir à l’actualité ou partager vos compétences, même si cela peut parfois être polémique, n’hésitez pas à venir vers nous : contact@datacenter-magazine.fr

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