Et si votre perception de la sauvegarde des données freinait votre capacité d’innovation ?

Par Frédéric Lemaire, Directeur France, Cohesity

Le récent incident OVH va sûrement changer la donne, mais avant lui, il est vrai que les entreprises ont souvent eu tendance à considérer la sauvegarde des données comme une ligne de dépense convenue. Il faut le faire, on coche la case et on passe à autre chose. A tort, la sauvegarde ne bénéficie généralement pas d’une véritable approche stratégique, comme c’est le cas pour les programmes d’intelligence artificielle, de transformation numérique ou de cybersécurité. En agissant ainsi, les entreprises la relèguent au second plan de leurs priorités en matière d’investissements technologiques et oublient l’importance qu’elle revêt. Or une infrastructure hybride requiert une
stratégie de protection des données hybride.

Avoir un vrai plan de gestion des données n’est pas optionnel

Il devrait être logique pour une entreprise de placer la sauvegarde au cœur de sa stratégie IT. Chaque projet commercial génère une multitude de données : de la conception d’une idée à son lancement, plusieurs téraoctets de données peuvent être créés.

Ces données prennent rapidement de la valeur et sont par ailleurs soumises à des exigences de conformité réglementaire tout au long de leur cycle de vie. Dès l’instant où les premières données sont générées, les politiques de sauvegarde, de restauration et d’archivage sont donc déjà fondamentales.

Avoir une stratégie centrée sur la sauvegarde peut aussi aider à contrer le phénomène de fragmentation massive des données. Les meilleurs systèmes de sauvegarde garantissent que les données sont dédupliquées et propres, de sorte qu’elles peuvent être sauvegardées et restaurées rapidement, avec pour conséquence directe un stockage plus efficace. Cela permet de surmonter des problèmes tels que la duplication ou encore la perte de données dans le cas par exemple où des prototypes ou des plans marketing avortés seraient simplement mis de côté et oubliés.

La gestion des données as-a-service – incluant la sauvegarde 

La sauvegarde doit être une composante clé des stratégies de gestion des données au même titre que la reprise après sinistre, les services de fichiers et objets ou la gouvernance.

La sauvegarde est par ailleurs devenue un atout majeur pour garantir la sécurité des données. Dans un contexte où les cyberattaques ne cessent de se multiplier et en particulier les rançongiciels (+255% de signalements d’attaque de rançongiciels selon l’ANSSI), avoir une stratégie de sauvegarde est primordial.

Mais qu’il s’agisse d’attaque ou de panne, les interruptions de services informatiques peuvent survenir à tout moment. Lorsque l’accès aux données est refusé, le “pourquoi” importe beaucoup moins que le “quand vais-je récupérer mes données ? ». La meilleure façon de garantir une restauration rapide, efficace, complète et cohérente est de définir un véritable plan de sauvegarde.

Vers une approche plus moderne de la protection des données

Il n’est pas si complexe d’arriver à intégrer la sauvegarde et la restauration à chaque étape de la production de données. Mais cela peut impliquer de réajuster sa stratégie.

Les décideurs IT doivent prendre une mesure simple pour lancer le mouvement. Ils doivent cesser de considérer la sauvegarde et la restauration comme une ligne de dépense et commencer à y voir un élément stratégique de leur infrastructure technologique.

Il serait peut-être utile de considérer tous les services de gestion des données avec la même attention – et c’est là que la gestion des données as-a-service prend tout son sens. Si un unique fournisseur peut répondre aux exigences de sauvegarde, de reprise après sinistre, de services de fichiers et objets, de gestion des copies de données, de sécurité et de gouvernance, il devient possible d’optimiser ses investissements et d’avoir la certitude que la sauvegarde n’est pas juste un élément à part mais une fonction véritablement intégrée. Les données de sauvegarde doivent pouvoir faire plus qu’agir comme une police d’assurance coûteuse. Être capable de remettre en question son infrastructure de sauvegarde est le meilleur moyen de mesurer la valeur d’une protection plus moderne de ses données et de continuer à innover.

Share:

Author: Yves Grandmontagne

Rédacteur en chef de Datacenter Magazine - Co-fondateur de Human, Business & Technology SCOP SAS (éditeur de DCmag) - Journaliste, conférencier et analyste