Etes vous prêts à affronter les fuites dans votre datacenter ?

L’actualité industrielle américaine nous a amenés à découvrir récemment un produit dont nous devons concéder que nous en ignorions l’existence, le déviateur de fuite (Leak Diverter). Plus précisément, notre connaissance du sujet se limitait au traditionnel sceau placé sous une fuite, et à son partenaire la serpillière…

Certains acteurs du datacenter ont une aversion pour l’eau, allant jusqu’à la bannir à l’exception des lieux de vie, d’autres tentent de l’apprivoiser, en pratiquant l’adiabatique ou le water cooling. Mais quelque soit l’usage qui est fait d’un liquide, les flux transitent par des canalisations, et à l’usage aucun système ne se révèle parfait. Aux Etat-Unis, les variations climatiques ont également mis en exergue l’influence parfois extrêmes de l’environnement extérieur (grand froid, canicule, tornade, etc.) sur l’état et la dégradation des équipements, au delà des usures plus ‘classiques’.

Un aspect courant de ces phénomènes consiste à contrôler les fuites aériennes afin d’empêcher l’eau de créer des dommages coûteux.

C’est ici que nous avons découvert les systèmes de déviation de fuites, des bâches à drainage rapide, robustes et durables donc résistantes aux perforations, destinées à protéger des fuites et à éviter que l’eau ou le liquide ne déborde. Nous n’apprendrons probablement rien aux exploitants de datacenters qui sont au fait de ces risques. La clé à mollette et la boîte de joins font certainement partie de leur trousse à outils, placés dans le sceau. Mais c’est une autre question à laquelle nous allons tenter de répondre : êtes-vous prêts à affronter les fuites, pas de données, mais bien de liquides ?

  • Le plan de préparation

En toute logique, chaque installation doit avoir un plan de préparation et d’intervention en cas d’urgence. Pour beaucoup d’industries, des réglementations différentes en matière de sécurité et d’environnement les exigent, et les éléments de planification requis pour chaque plan sont très similaires. L’industrie du datacenter est également concernée. Par contre, et quelle que soit la fréquence, les révisions de plan devraient être plus qu’une simple coup de crayon dans une case ou une vérification.

Le but de l’examen des plans de préparation et d’intervention en cas d’urgence est de s’assurer qu’ils sont toujours exacts. Ce devrait également être le moment de rechercher des opportunités de croissance ainsi que d’examiner toutes les nouvelles technologies qui sont devenues disponibles depuis la dernière révision du plan.

  • Le suivi des changements

Les grands changements, comme l’agrandissement d’un campus, ou les plus réguliers, comme le remplacement d’équipements ou l’adoption de nouvelles technologies IT, semblent évidents et retiennent généralement l’attention. Cependant, de nombreux changements au sein d’une installation peuvent être plus subtils, tels que des changements de personnel ou des équipements déclassés voire obsolètes. Ces « petits détails » peuvent s’accumuler avec le temps, et si les plans ne sont pas révisés régulièrement, ils peuvent s’ajouter au travail d’entretien, de nettoyage ou d’intervention. Les plans contenant des informations obsolètes représentent une problématique extrêmement courante. Il est temps d’examiner de plus près les cartes, les processus, les inventaires et les coordonnées dans votre plan pour voir ce qui a changé.

  • Les protocoles de prévention

Empêcher un rejet est toujours préférable à répondre à un rejet, et le datacenter ne manque pas de matières (par exemple dans les systèmes de refroidissement ou d’incendie) qui peuvent se révéler toxiques. Les procédures de manipulation des matériaux, d’utilisation des liquides dont des produits chimiques, et d’élimination des déchets doivent refléter les meilleures pratiques visant à conserver les matériaux à leur emplacement prévu. Les collaborateurs et certains visiteurs partenaires, infogéreurs et clients doivent être formés pour comprendre l’importance de ces mesures et comment elles empêchent les déversements et les rejets.

La plupart des mesures de prévention peuvent être aussi simples que l’établissement de bonnes pratiques d’entretien. Non seulement elles conservent l’apparence de l’installation, mais elles peuvent également aider à identifier rapidement quelque chose qui sort de l’ordinaire ou qui pourrait provoquer une urgence en cas de déversement. L’enregistrement de ces informations montre également aux auditeurs que des efforts sont déployés pour une amélioration continue.

  • L’examen des constatations des inspections

Les tuyaux, les pompes, les vannes, les raccords, les réservoirs, les conteneurs, les niveaux de liquide, les zones de déchets et les processus de traitement ne sont que quelques-uns des éléments qui doivent être inspectés régulièrement. Effectuées correctement, les inspections peuvent donner un aperçu des changements qui se sont produits mais qui n’ont peut-être pas encore été réalisés ou communiqués à d’autres départements. Ils peuvent également identifier les zones qui peuvent nécessiter un entretien préventif ou des soins supplémentaires afin qu’elles ne deviennent pas un problème ou ne créent pas une urgence.

  • L’utilisation des systèmes de confinement secondaire

Des réglementations exigent spécifiquement des systèmes de confinement secondaire pour certains types de réservoirs, de conteneurs et même de tuyauterie. D’autres sont simplement logiques. Votre salle informatique dispose-t-elle d’un collecteur vers lequel rediriger les flux de fuites ?

  • L’adéquation du programme d’entretien préventif

La maintenance préventive, qui empêche les temps d’arrêt, peut également empêcher les défaillances des réservoirs, des conteneurs, des récipients, des tuyaux, des vannes, des raccords, etc.

  • Les fournitures d’intervention

Les interventions se fient aux plans, y compris les listes de fournitures et de ressources disponibles, pour qu’ils soient précis et adéquats, afin de pouvoir planifier l’aide et les interventions, même les plus bénignes, en cas de simple intervention comme en cas d’urgence.

  • La formation des collaborateurs et des prestataires

La formation doit être continue. Une erreur courante consiste à former ou informer les employés ou les prestataires lors de leur embauche ou de leur première intervention, puis plus jamais. Les intervenants dans le datacenter doivent être informés et formés lorsque les plans changent afin d’être au courant des nouveaux processus, ainsi que des processus obsolètes. Si rien ne change, les rappels restent un moyen important d’évaluer la compréhension. Ils peuvent même être l’occasion de réfléchir et de rechercher de nouvelles et meilleures façons de prévenir.

  • Un plan compréhensif par tous

Le plan de l’installation doit être précis et adéquat. Mais, cela ne signifie pas qu’il doit être élaboré. Personne ne peut suivre un plan de 500 pages.Tout le monde dans le datacenter devrait être en mesure d’accéder, de lire et de comprendre le plan et d’identifier leurs rôles dans la prévention et dans l’intervention. Des informations, formations et exercices réguliers permettent de renforcer les connaissances de chacun.

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Author: Yves Grandmontagne

Rédacteur en chef de Datacenter Magazine - Co-fondateur de Human, Business & Technology SCOP SAS (éditeur de DCmag) - Journaliste, conférencier et analyste