La technologie peut-elle participer à la lutte contre le changement climatique ?

Le dernier rapport du GIEC nous alerte encore une fois : nous devons rapidement changer nos habitudes si nous voulons aider à ralentir le changement climatique. A la maison, il est simple de faire des petits gestes comme éteindre la lumière en sortant d’une pièce, de réduire le chauffage ou de fermer un robinet—mais, en ce qui concerne les entreprises, la démarche peut se révéler plus complexe.

Expert - Par Luigi Cherubino, responsable des ventes commerciales aux entreprises en Europe du Sud chez AMD

S’il est possible de développer des processus internes pour répondre aux préoccupations sur l’empreinte carbone ou la consommation d’énergie d’une entreprise, il est plus délicat de s’assurer que les fournisseurs assument leurs responsabilités. Heureusement, de nombreuses solutions sont déjà disponibles pour permettre d’aider les organisations à réduire leur empreinte carbone—tant dans leurs opérations internes qu’avec leurs fournisseurs.

Les conséquences du réchauffement climatique sur l’agriculture et l’environnement en France sont de plus en plus visibles, que ce soit via des restrictions sur la consommation d’eau pour les foyers, des sécheresses importantes et des températures élevées affectant la production agricole, ou encore des incendies de forêt plus fréquents et aux effets dévastateurs. Tout cela impacte directement ou indirectement l’économie, notamment avec des baisses de la production agricole ou le déplacement d’habitants.

Le secteur de l’informatique est souvent pointé du doigt en raison de l’impact environnemental des nouvelles technologies. De nombreuses entreprises leader du secteur ont pris d’importantes mesures pour réduire la consommation énergétique et l’empreinte carbone associés à leurs activités et continuent, année après année, à améliorer la conception et même la manière dont les produits sont consommés.

La technologie pour rendre les processus plus efficaces et respectueux de l’environnement a déjà été adopté dans un vaste éventail d’utilisation, qu’il s’agisse d’une IA pour optimiser l’irrigation dans l’agriculture ou la gestion du trafic pour éviter les embouteillages polluants. Des aides à l’innovation peuvent être mobilisés comme l’AMD HPC Fund, qui fournit de la puissance de calcul pour faire avancer la recherche dans des domaines tels que le changement climatique, la santé, le transport, le big data et bien d’autres.

Mais comment les acteurs de l’informatique peuvent-ils réduire leur propre empreinte carbone et celle de leurs produits et services ?

Mieux utiliser l’énergie

Comme on l’observe depuis les débuts des équipements informatiques, chaque nouvelle génération est plus puissante que la précédente. Mais, depuis quelques années, certains acteurs se sont engagés sur la voie de l’efficacité énergétique.

AMD avec son initiative 25×20, débutée en 2014, s’était donné pour objectif d’améliorer la performance énergétique par 25 à l’horizon 2020 sur les processeurs mobiles (1). En effet AMD a dépassé son objectif et a multiplié par 31,7 son efficacité énergétique sur la période visée (2). Plus récemment, AMD a annoncé une initiative pour améliorer de 30 fois l’efficacité énergétique de ses nœuds de calcul accéléré utilisés pour l’intelligence artificielle (IA) et le calcul de haute performance (HPC) d’ici 2025, par rapport à ses plateformes de 2020.

Aujourd’hui l’entreprise est en bonne voie pour atteindre l’objectif 30×25, ayant atteint 6,8 fois à la mi-2022. S’il est atteint, cet objectif pourrait permettre d’économiser plusieurs milliards de kilowattheures, réduisant la puissance requise pour que ces systèmes réalisent un calcul d’environ 97% sur 5 ans (3).

Cet objectif représente une accélération de plus de 2,5 fois par rapport aux tendances du secteur sur 2015-2020, tel que mesuré par la consommation énergétique mondiale de ces segments de calcul (3).

Si tous les nœuds de serveurs d’IA et de HPC dans le monde réalisaient des gains similaires, des milliards de kilowattheures d’électricité pourraient être économisés en 2025 par rapport aux tendances de référence (4).

Changer de mode de consommation

Une autre voie se dessine également dans le changement des modes de consommation, avec l’apparition depuis quelques années des modes « as a Service ». Il s’agit alors, non plus d’acheter du matériel, que ce soit d’infrastructure, de logiciel ou même de réseau, mais de souscrire un abonnement évolutif qui permet d’utiliser uniquement ce dont on a besoin en termes de machines ou de licences tout en bénéficiant en permanence des dernières avancées technologiques. En outre, cela permet de réduire les immobilisations, en améliorant son bilan comptable tout autant qu’environnemental.

Normes et standards

En parallèle des efforts des fabricants, on assiste également à l’émergence des normes énergétiques et environnementales émises par des organismes gouvernementaux. On peut citer par exemple le label Energy Star, un programme gouvernemental américain pour promouvoir les économies d’énergie, également reconnu par l’Union Européenne. Cette certification a été attribuée à de nombreux fabricants d’ordinateurs, des PC de bureau aux moniteurs en passant par les ordinateurs portables ou les serveurs.

On notera également l’apparition de certifications plus institutionnelles, comme celle de B Corp par exemple, et de solutions de comptabilisation d’empreinte carbone conformes aux normes internationales. Cela permet ainsi l’édition de rapports standardisés montrant clairement l’évolution des initiatives environnementales des entreprises.

Enfin, au niveau international comme local, des regroupements comme la Green IT Alliance en France, ou Digital For The Planet sur plusieurs pays permettent de partager les meilleures pratiques entre acteurs du secteur IT.

Élargir les horizons

Économiser l’énergie des équipements n’est pas la seule solution qui s’offre aux acteurs technologiques ; on peut aussi réfléchir de manière innovante à des moyens de réutiliser l’excès d’énergie produite. Par exemple, un nombre grandissant de projets de centres de données réutilisant la chaleur qu’ils génèrent pour chauffer des bâtiments annexes (habitations, piscine…) ou pour propulser des turbines génératrices d’électricité existent. On compte même une initiative de
datacenter refroidi à l’huile de cuisson recyclée.

Les voies à explorer ne manquent pas pour permettre au secteur IT de lutter contre le changement climatique, que ce soient des solutions purement technologiques ou plus originales. Beaucoup reste à faire, mais le secteur de l’IT s’est jusqu’à présent engagé dans une approche constructive et avance dans la bonne direction.

1 – Testing by AMD Performance Labs as of 4/15/2020. Processors tested: AMD FX-7600P, AMD FX-8800P, AMD FX-9830P, AMD Ryzen 7 2700U, AMD Ryzen 7 2800H, AMD Ryzen 7 3750H, and AMD Ryzen 7 4800H. 25×20 program tracked against Energy Star Rev 6.1 8/12/2014 and 3DMark® 2011 P-Score and Cinebench R15 nT. Results may vary with drivers and BIOSes. RVM-108

2 – Annual processor electricity use (kwh), based on ENERGY STAR typical use energy consumption (TEC), in 2020 equals 84% less than the 2014 amount. The normalized performance increase, based on a 50:50 weighted metric for Cinebench R15 and 3DMark11, is 5x higher from AMD’s 2014 notebook processor compared to the 2020 design. This equates to 80% less average compute time for a given task. AMD achieved a 31.7x increase in typical use energy efficiency from 2014-2020, or ~2x compared to what would be the historical rate of increase (doubling every 1.57 years) during the same timeframe of 14.1x.

3 – EPYC-028: As of 2/2/22, of SPECpower_ssj® 2008 results published on SPEC’s website, the 55 publications with the highest overall efficiency results were all powered by AMD EPYC processors. More information about SPEC® is available at http://www.spec.org. SPEC and SPECpower are registered trademarks of the Standard Performance Evaluation Corporation.

4 – Based on 2015-2020 industry trends in energy efficiency gains and data center energy consumption in 2025.