Le danger de rappeler les programmeurs COBOL

Par Mark Cresswell, CEO de LzLabs

En raison de la pandémie COVID-19, plusieurs administrations américaines ont fait la une de l’actualité récemment. La cause ? La pénurie de programmeurs COBOL pour remanier et adapter des applications informatiques basées sur le mainframe et destinées à gérer de manière particulière le nombre sans précédent d’inscriptions au chômage. Ces programmes mainframe, aussi cruciaux en ce moment, sont écrits en COBOL, langage de programmation peu appris ou utilisé dans les développements de nos jours.

La vérité est que ce défi représente une menace importante pour encore bien davantage de secteurs économiques de notre société que la plupart des experts ne le savent. On estime que 70% des transactions commerciales mondiales sont traitées par une application mainframe à un moment donné de leur cycle. Cela signifie que les situations, certes dommageables, actuelles des administrations des États américains ne sont que les premières d’une potentielle longue série. Les entreprises des secteurs bancaires, des assurances, des télécommunications et de production (pour n’en citer que quelques-uns) devraient donc planifier leur sortie du mainframe.

Si le recrutement de programmeurs COBOL déjà à la retraite peut aider à résoudre la crise immédiate, il ne fait que colmater les brèches et ne résout en rien le problème plus profond. Et la prochaine fois qu’une telle crise se présentera, la solution 2020 ne sera peut-être même plus une option.

Les défis auxquels sont confrontés les États du New Jersey, du Kansas et du Connecticut ne résultent pas de COBOL, ni d’aucun autre langage de programmation ; le langage n’est qu’une syntaxe spécifique (somme toute simple) pour exprimer des règles commerciales. Ils sont plutôt causés par l’environnement ésotérique – pour la majeure partie des informaticiens – du mainframe dans lequel les programmeurs « initiés » doivent travailler pour maintenir ces programmes.

Plutôt que de recruter des experts déjà retraités, la stratégie efficace serait de placer les programmes dans un environnement moderne que des jeunes en début de carrière pourraient manier aussi facilement que toute autre application qu’ils ont l’habitude de supporter.

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