Le liquid cooling est-il fait pour votre infra ?

Qu’il s’agisse de refroidir le serveur au plus près, voire de l’immerger, le refroidissement liquide attire l’attention. Mais la technologie est-elle adaptée à votre infrastructure et à vos budgets ? Faisons le point, sachant qu’évidemment ces technologies sont amenées à évoluer rapidement.

Par Yves Grandmontagne, rédacteur en chef de Datacenter Magazine 

L’offre technologique du liquid cooling repose sur trois types de refroidissement liquide :

  • Le refroidissement direct sur puce D2C (direct to chip cooling)

C’est la forme de refroidissement la plus courante. Une plaque à base de cuivre est fixée au processeur, qui attire la chaleur émise par ce dernier. De l’eau froide vient au contact de la plaque et la refroidir par échange de chaleur. L’eau chaude est évacuée et s’écoule dans une boucle jusqu’à revenir beaucoup plus froide. Ce système a fait ses preuves, par exemple, sur les ordinateurs de jeu au format tour ou encore sur les stations de mining des monnaies virtuelles.

  • Le refroidissement par échangeur de chaleur (heat exchanger cooling).

Ce type de refroidissement implique un radiateur à eau placé à l’arrière d’un rack ou sur le côté d’une baie, la chaleur évacuée du serveur est refroidie en passant sur le radiateur. Cette solution semble retenir l’attention de certains hyperscalers, mais pas de la majorité des acteurs des datacenters qui voient d’un très mauvais œil la présence d’eau au contact des serveurs.

  • Le refroidissement par immersion (immersion cooling)

Avec le refroidissement par immersion, la carte mère débarrassée de ses systèmes de refroidissement classiques (ventilateurs) est immergée dans un liquide non volatil, une huile. Le design de l’immersion est soit une armoire (par exemple Asperitas) soit un rack (par exemple Schneider Electric). Encore rare, l’immersion creuse son chemin, Microsoft l’a testée, et plus près de nous le datacenter du Crédit Agricole à Chartres l’a adoptée pour des usages précis.

Le coût et les technologies de l’immersion réservent actuellement cette technologie aux workloads et applications critiques telles que l’IA et le calcul hautes performances (HPC), aux processeurs et GPU haute fréquence, et aux infra haute densité.

Le refroidissement liquide n’est pas fait pour vous…

Le refroidissement liquide est souvent regardé comme un moyen de faire évoluer une infrastructure, et c’est semble-t-il une erreur. Le liquid cooling n’est pas destiné à la modernisation des datacenters. D’abord par son coût, élevé. Concernant le refroidissement à eau, sur les équipements existants il nécessite de percer le rack et le châssis du serveur pour faire de la place pour la tuyauterie de refroidissement. De plus, la mise à niveau d’un rack ou d’un cluster impose que celui-ci soit inactif, ce que la plupart des entreprises ne tolèrent pas.

Le refroidissement liquide est donc plutôt destiné aux nouveaux systèmes. Les regards se tourneront alors vers le refroidissement liquide par immersion, en particulier pour les systèmes évoqués plus haut. C’est là qu’il prend toute sa dimension, à savoir la réduction du PUE et du TCO (coût total de possession) par la réduction du coût de l’énergie, qui peut atteindre plus de 40%. De quoi s’intéresser à ces technologies et à leur devenir.

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Author: Yves Grandmontagne

Rédacteur en chef de Datacenter Magazine - Co-fondateur de Human, Business & Technology SCOP SAS (éditeur de DCmag) - Journaliste, conférencier et analyste