Pourquoi anticiper le déclassement de câbles sous-marins prévus pour durer plus de 25 ans ?

Nous l’avons évoqué hier, le déclassement du câble sous-marin trans-atlantique TAT-14, vieux de seulement 19 ans, alors que cette génération de câbles est conçue pour durer au moins 25 ans. Nous nous sommes posée la question, alors que les volumes de flux comme de données ne cessent d’exploser, pourquoi retirer un câble en cours d’exploitation ?

La réponse est simple, économique évidemment !

L’évaluation de la fin de la vie économique d’un câble sous-marin dépend de facteurs tels que le rythme de la croissance de la demande, l’érosion des prix à la capacité, la gamme de produits, les ventes antérieures de l’IRU (Indefeasible rights of use, ou en français droit irrévocable d’usage DIU), les coûts d’exploitation, les coûts de mise à niveau et la concurrence (certains câbles deviennent inévitablement redondants), qui varient selon les itinéraires et les générations de câbles.

Lors de son lancement, la capacité de TAT-14 surpassait tout ce qui se passait dans l’Atlantique. Aujourd’hui, la plupart des câbles modernes peuvent être mis à niveau jusqu’à 50 fois, offrir plus de capacité que TAT-14, et coûter moins cher à entretenir.

Pour résumer, si les coûts d’exploitation d’un câble dépassent continuellement ses revenus, il est temps de l’inviter à prendre sa retraite.

Que deviennent les câbles sous-marins mis hors service ?

Tout d’abord, sur les câbles à fibre optique mis en œuvre au cours des 20 dernières années, si le câble lui-même est passif, il est normalement possible d’augmenter la capacité du câble en modifiant les parties terrestres du système pour fournir des augmentations significatives de vitesse. Il ‘suffit’ pour cela d’augmenter la luminosité de la lumière envoyée sur le câble dans les amplificateurs optiques utilisés, indépendamment de la vitesse des données envoyées.

Souvent cité en exemple, le câble Southern Cross a été mis à niveau plusieurs fois. Sa capacité d’origine de 20 Gbit/s a ainsi été poussée aux limites de sa conception, soit 12 Tbit/s, soit une augmentation de 600x.

Si le choix économique porte sur la retraite, donc au décommissionnement, dans la partie sous-marine la plupart des câbles sont laissés en place. Il existe cependant de nombreux cas où le câble peut être réutilisé pour la recherche scientifique, en particulier pour les mesures sismiques et géoélectriques.

Comme pour TAT-14, le décommissionnement, avec récupération et recyclage des câbles fibres et des équipements, concerne principalement et presque exclusivement les parties terrestres des câbles.

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Author: Yves Grandmontagne

Rédacteur en chef de Datacenter Magazine - Co-fondateur de Human, Business & Technology SCOP SAS (éditeur de DCmag) - Journaliste, conférencier et analyste